Vendanges en Valais, la récolte à la Colline de Daval
Dernière mise à jour : 15 oct.

Chaque automne, les vendanges en Valais transforment le vignoble en véritable ruche. À la Colline de Daval, ce grand moment se prépare pourtant bien avant le premier coup de sécateur, et il se joue autant dans les vignes qu'à la cave. Mais alors, comment sait-on que le raisin est prêt ? Et que devient-il une fois cueilli ? Suivez-nous, de la parcelle jusqu'au verre de Syrah.
L'essentiel en bref
Les vendanges commencent en septembre et se déroulent cépage par cépage.
La date de récolte se décide chaque semaine au réfractomètre, en degrés Oechsle, sur un échantillon de 100 baies par parcelle.
Le domaine compte 7 hectares de vigne entre Sierre et Chamoson, dont 4 en bio : 60 tonnes de grappes y ont été vendangées en 2025.
Toute la vinification a lieu dans la cave de Sierre, sous la responsabilité de Jessica Lamon, caviste depuis 2009.
La Syrah de Chamoson pousse sur la parcelle des « Pierres bénites » depuis plus d'une vingtaine d'années.
Les vendanges en Valais
Septembre, des matinées fraîches aux après-midi rayonnants : dans le vignoble, on s'affaire, car le millésime touche à son terme. Chaque année apporte d'ailleurs son lot de défis. En 2025, par exemple, il avait fallu composer avec des chutes de neige en avril, puis avec des canicules, tout en esquivant les orages estivaux. Et pourtant, au bout du compte, pas moins de 60 tonnes de grappes ont été vendangées.
En réalité, tout commence bien plus tôt. Dès juin, une indication précieuse nous guide : lorsque la vigne est en pleine fleur, on compte environ 100 jours jusqu'aux vendanges. Ainsi, plus elle fleurit tôt, plus la récolte sera précoce. C'est pourquoi nous pouvons planifier les équipes et la cave bien avant les premiers coups de sécateur.
Le réfractomètre, what else ?
Pour déterminer la date de récolte, il faut deux choses : un réfractomètre et une bonne paire de chaussures. Le « réfracto », comme on l'appelle dans le milieu viticole, mesure la teneur en sucre des baies de raisin. Son unité de référence est le degré Oechsle. En effet, plus les Oechsle se rapprochent de 100, plus le raisin est riche en sucre et, par conséquent, plus le vin sera riche en alcool.
Et la paire de chaussures, alors ? Elle sert à arpenter les parcelles, car chaque cépage doit être suivi chaque semaine. Le Pinot Noir, cépage précoce, mûrit très vite et accumule rapidement le sucre. L'Humagne Rouge, en revanche, est un cépage tardif qui prend son temps. Nous prélevons donc 100 baies réparties sur l'ensemble de chaque parcelle, nous en tirons un jus, puis nous le mesurons. Semaine après semaine, le sucre augmente tandis que l'acidité diminue.
À la cave…
Pendant ce temps, à la cave, on passe en mode réceptionniste. Pas de téléphone qui sonne, bien sûr, mais des caissettes pleines de raisins sucrés qui s'entassent devant le fouloir-égrappoir. C'est la première étape : la récolte est versée dans cet outil, qui sépare la rafle, c'est-à-dire le squelette de la grappe, du reste des baies. Les rafles sont éliminées car, souvent pas assez mûres et astringentes, elles donneraient un goût « vert » au vin.
Les baies sont ensuite foulées, autrement dit écrasées. On obtient ainsi un mélange de jus, riche en sucre, et de pellicules, ces peaux qui renferment les pigments du vin.
Rouges et blancs prennent deux chemins
À partir de là, les routes se séparent. Pour les raisins rouges, le mélange de jus et de pellicules est gardé à part dans la cave, levuré, puis commence sa fermentation alcoolique au contact des peaux. On parle alors de macération, une étape qui s'étale sur une dizaine de jours. C'est d'ailleurs pendant cette période que le vin prend sa couleur et ses tanins.
Les blancs, eux, partent directement au pressoir, pour plus de deux heures à deux bars de pression. Les pulpes y sont séparées du jus, qui est à son tour levuré avant de partir en fermentation. Enfin, toute la vinification est centralisée dans notre cave de Sierre, sous la responsabilité de Jessica Lamon, caviste depuis 2009.
La Syrah de Chamoson, vin des vendanges
De sa robe violette à son nez poivré, la Syrah évoque des appellations comme Hermitage ou Côte-Rôtie. Ses origines ont longtemps été contestées, de Syracuse à la Syrie ; elle est pourtant bien française et intimement liée au Rhône. En Australie, d'ailleurs, on l'appelle « Shiraz », avec l'accent.
Remontons justement le Rhône jusqu'à Chamoson, deuxième commune viticole de Suisse en superficie. Au pied du Haut de Cry, montagne emblème des vins du village, le vignoble est très pierreux et profond, car il est issu du cône de déjection de ce massif haut de 3 000 mètres. Le climat y est proche de celui des Côtes du Rhône septentrionales, avec un ensoleillement légèrement plus faible mais une pluviométrie inférieure. Or la Syrah aime les terrains arides et les climats chauds : c'est pourquoi elle se plaît depuis plus d'une vingtaine d'années sur notre parcelle dite des « Pierres bénites ».
Notre note de dégustation de la Syrah
Voici la note de dégustation de la Syrah de Chamoson 2023 « La Vouettaz », rédigée par Hugo Zufferey, notre sommelier maison.
À l'œil, la robe est limpide, rouge aux nuances violettes. Au nez, le vin se montre fruité, sur les fruits rouges et le cassis, avec des notes plus chaleureuses, chocolatées.
En bouche, l'attaque est souple et légère, mais elle ne présage pas de la suite. Bien au contraire, les arômes s'intensifient, du cassis à la mûre. Puis les épices affluent sur des notes poivrées et révèlent les tanins du cépage, pour un milieu de bouche mordant et puissant. Enfin, la finale, chaleureuse, persiste sur la réglisse et la cerise.
Vous pouvez retrouver la Syrah de Chamoson à l'Espace Daval, au Caveau la Vouettaz et dans notre boutique en ligne.
Venir à l'Espace Daval
La Colline de Daval est une entreprise familiale depuis cinq générations : le domaine a été acquis en 1914 par Candide Zufferey et il est aujourd'hui tenu par la famille Caloz-Evéquoz. Pendant les vendanges, l'Espace Daval reste bien sûr ouvert pour vous accueillir.
Adresse : cave de production, Colline de Daval 5, 3960 Sierre (Valais), à 2,4 km du centre de Sierre.
En voiture : à 3 minutes de la sortie A9 Sierre-Ouest.
En bus : arrêt « Ecoparc Daval » depuis la gare de Sierre.
Horaires : du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 18h, le samedi de 9h à 19h.
Dégustation de 6 vins : 15 CHF.
Raisin de table bio : 6.50 CHF/kg pendant la saison.
Contact : +41 27 458 45 15, info@collinededaval.ch.
Questions fréquentes
Quand ont lieu les vendanges en Valais ?
À la Colline de Daval, les vendanges commencent en septembre et se déroulent cépage par cépage. Le Pinot Noir, précoce, est récolté en premier, tandis que l'Humagne Rouge, tardive, ferme la saison. La date se décide chaque semaine au réfractomètre, en degrés Oechsle.
Qu'est-ce que le degré Oechsle ?
Le degré Oechsle mesure la teneur en sucre du jus de raisin. Plus la valeur se rapproche de 100, plus le raisin est riche en sucre et plus le vin sera riche en alcool. On le mesure avec un réfractomètre sur un échantillon de 100 baies par parcelle.
Quelle est la différence entre macération et pressurage ?
Les raisins rouges fermentent au contact de leurs peaux pendant une dizaine de jours : c'est la macération, qui donne au vin sa couleur et ses tanins. Les raisins blancs, eux, partent directement au pressoir pendant plus de deux heures à deux bars de pression, et seul le jus fermente.
Combien de raisin vendange la Colline de Daval ?
En 2025, la Colline de Daval a vendangé 60 tonnes de grappes sur ses 7 hectares de vigne répartis entre Sierre et Chamoson, dont 4 hectares en bio.
Où est cultivée la Syrah de la Colline de Daval ?
Sur la parcelle des « Pierres bénites » à Chamoson, un sol très pierreux et profond issu du cône de déjection du Haut de Cry. La Syrah y est plantée depuis plus d'une vingtaine d'années.




Commentaires