Vin du mois Février – Humagne Blanche
- Colline de Daval
- il y a 6 jours
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Les travaux d’hiver ; focus sur la taille de la vigne.
Tailler la vigne est sans doute l’une des interventions les plus délicates à réaliser. Elle requière un savoir- faire, de l’expérience et beaucoup de précision. Tailler la vigne c’est avant tout s’occuper de la croissance de la plante. La vigne est une liane et ne cherche qu’à courir les murs en quête de soleil. En la taillant tous les ans, on lui donne une forme afin de pouvoir circuler avec des machines dans la parcelle. Mais on ne peut pas la couper n’importe comment il y a une règle primordiale à suivre pour faire perdurer son pied de vigne !
La vigne ne pense pas ses plaies. Contrairement aux arbres, la vigne ne cicatrise pas en cas de coupe de branches, elle nécrose (brunissement des tissus). Chaque fois que le vigneron donnera un coup de sécateur, la plante va sécher en surface et en profondeur créant une barrière entre l’extérieur et ses vaisseaux. On appelle ce procédé : cône de dessèchement.
Tout l’art de la taille est de réfléchir, à chaque coup de sécateur, où placer ses plaies de tailles donc futurs cônes de dessèchement. Le but ? Laisser un conduit sain, non obstrué par ces cônes. Ils agissent comme du calcaire dans vos conduits d’eau, plus on en retrouve plus le débit à la sortie diminue. Dans notre cas un manque de sève contraint la plante à un stress qui peut dans la plupart des cas entrainer la mort du cep. On appelle cette maladie, l’Esca. Connue des Romain déjà, elle n’est toujours pas précisément connue. Une taille respectueuse des flux de sève attenue la mort prématurée du vignoble.
Pour se faire, le vigneron préconise de placer ses coupes sur le haut de la plante et laisse ainsi un conduit de sève libre sur le dessous de la plante. Voici un schéma :

On conduit cette vigne en Guyot simple. Une technique de taille crée au 19ème siècle par le Dr Jules Guyot. Elle est destinée à augmenter les rendements et permet d’espacer les raisins entre eux créant ainsi un passage pour le vent. Le vent, les rayons du soleil créent un microclimat sec défavorable aux développements de champignons (oïdium, mildiou et botrytis). En taillant on lutte déjà préventivement contre les infections fongiques.
A noter que notre cher Cornalin, emblème rouge du canton, ne supporte que la taille Guyot. Toute autre taille courte est déconseillée sans quoi il ne vous donnera pas la moitié d’une grappe aux vendanges !
Humagne Blanche, discrète doyenne

Dans l’ombre de son homonyme l’Humagne rouge, la « blanche » est pourtant valaisanne (elle !) et ce depuis fort longtemps. D’après un certain Registre du Val d’Anniviers paru en 1313, l’Humagny y était déjà cultivée dans nos vallées.
C’est une des plus vieilles mentions de cépage en Europe.
Son histoire est passionnante et très floue à la fois. Elle aurait son penchant pyrénéen, le Miousat et comme parent le Colombaud, cépage provençal aujourd'hui abandonné. l'Humagne aurait donc remonté le Rhône pour arriver jusqu'à nous en Valais. Croisée naturellement au Completer (autre cépage alpin confidentiel) elle nous offre le cépage Lafnetscha, cultivé principalement dans le Haut-Valais ! C'est au début du 17ème siècle que ses heures de gloire vont s'écrire grâce à sa supposée teneur en fer plus élevée que le reste des vins consommés de l’époque. Prise en complément après l’accouchement de jeunes mamans, l’Humagne blanche est ainsi consommée en tant que fortifiant ! Une légende de plus qui perdure jusqu’à nos jours dorénavant surnommée « vin des accouchées ».
Son village de prédilection est Leytron sur des terrains profonds et hyper caillouteux issus de l’éboulement du Haut de Cry. Notre parcelle est située sur ce même cône de déjection de l’autre côté de la Losentse à Chamoson.
En dégustation l’Humagne blanche se présente comme tel :
A l’œil, jaune clair aux nuances dorées
Un nez tout d’abord printanier sur les fleurs, un peu de tilleul. Une note de cacahuètes et de cire aussi.
Une bouche ronde et agréable. On retrouve une pointe de litchi et beaucoup de légèreté, de fraicheur, idéal en apéritif pour ouvrir l’apéro. Je l’accorderais à une planchette de gruyère salé par exemple. La note fumée et sa rondeur balancerons le salé du fromage. Bonne dégustation !
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Texte et photos Hugo Zufferey.







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